09/10/2008

À l'heure du risque informationnel

Author: amo@emakina.fr

Hier soir, Steve Jobs a élégamment ironisé sur les annonces prématurées de son décès. Tout ça par la faute de la publication intempestive de sa nécro sur un site de référence.
Mais ça, ce n’est rien avec ce qui est arrivé à United Airlines, qui a vu sa valeur boursière fondre de 76% en cinq minutes lundi matin, obligeant la bourse a suspendre la cotation, tout ça à cause de la republication par erreur d’un article de 2002 du Chicago Tribune.
Les deux affaires illustrent assez bien l’emboitement des réseaux et la rapidité avec laquelle les sources se reprennent. Dans le cas de United Airlines, tout part de l’article qui, republié, monte apparamment dans Google News, est repris dans une newsletter et des fils d’agences de presse.
On pourrait dire que c’est aussi une illustration de la décomposition de la rigueur journalistique. Après tout, dans les deux cas, ce sont des médias installés qui sont concernés. Mais le fait est que l’ère où tout se gérait à la main appartient à l’histoire. Dans l’océan continu d’informations, les sources s’agrègent et se reprennent en live. L’impact est à l’avenant. Heureusement, la traçabilité des choses rend l’identification de la cause rapide et, en quelques heures, tout revient dans l’ordre.
Le comble est peut-être que ça ne choque personne. Là, tout fini bien et tout le monde rigole, mais il y a quand même de gros risques. On voit les situations les plus solides propres être pulvérisées en quelques minutes, ce qui n’est pas sans faire peser un risque de responsabilité sur les médias et sur les intermédiaires qui disséminent les nouvelles. Rendez-vous au prochain crash…

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