23/05/2018

La réalité augmentée au service des retailers

Author: Bertrand Duperrin

Selon une étude du cabinet américain Retail Perceptions, 61% des clients aux Etats-Unis préfèrent faire leurs achats dans des magasins qui proposent une expérience de réalité augmentée.

Rappelons que l’un des freins principaux à la transformation du trafic en acte d’achat est l’incertitude que le produit soit adapté à mon besoin spécifique. Que donnera t-il une fois à la maison ? C’est également un frein à la rentabilité du e-commerce puisqu’il engendre des taux de retours très importants notamment dans l’habillement (30 à 40%).

La réalité augmentée serait donc une solution pour créer une expérience client encore plus engageante mais aussi réduire les coûts.

En préambule, une question de terminologie. La réalité augmentée (AR) se distingue de la réalité virtuelle (VR). La première ajoute des données virtuelles dans un contexte bien réel, là où la seconde propose de vivre une expérience totalement virtuelle et immersive. Ici ce sont les atouts qu’offre la réalité augmentée qui nous intéressent. En voici quelques-uns.

Personnaliser son produit et le mettre en situation

On peut sans trop se tromper avancer que tout consommateur, avant d’acheter, rêve de pouvoir visualiser un même produit dans toutes ses déclinaisons possibles et notamment sa gamme de couleurs.  Ce qui pour un site e-commerce a longtemps été compliqué et coûteux à proposer, comme toute personnalisation en ligne, est désormais très facile.

Autre grand rêve devenu réalité, celui de pouvoir mettre un produit en situation chez soi avant de l’acquérir. Il est aujourd’hui possible, simplement en connectant la caméra de son smartphone au site du commerçant, de choisir votre prochain canapé en fonction de l’exacte configuration de votre salon. Finies les hésitations. C’est une fonctionnalité, le home staging, qu’Ikéa a été l’un des précurseurs à proposer pour son offre de cuisine, et que la marque américaine Target a choisi de mettre en place cette année.

Obtenir des informations sur un produit ou service

Dans un magasin physique ou digital, je peux désormais en scannant le produit avec mon smartphone, déclencher une animation qui me fera la démonstration de son utilisation.

Des applications comme Slyce permettent quant à elle de scanner des objets physiques dans la vie courante ou sur un magazine. La marque qui utilise le service, aura renseigné les informations relatives à ses produits et le consommateur pourra ainsi à tout moment en savoir plus sur l’objet qu’il aura croisé ou découvrir des objets similaires. Par exemple, la chaine de magasins Macys propose à ses visiteurs, de trouver à partir d’une photo d’un vêtement, les vêtements les plus approchants proposés à la vente dans ses rayons.

Réduire les contraintes de gestion des linéaires et des stocks

La réalité augmentée est de plus en plus utilisée afin de présenter toute la gamme d’un produit sans avoir besoin d’en posséder toute l’étendu en stock. Dans une utilisation très concrète, cela permet notamment de créer des boutiques pop-up ou événementielles, des corners ou des animations sans devoir mettre en place de rayonnages trop conséquents. C’est une approche d’extension de gamme originale dont l’expérience client se révèle positive et ludique. Du côté de la marque, cette solution ouvre des perspectives de rationalisation des stocks, d’économie et d’adaptation beaucoup plus grandes.
Apporter des services supplémentaires aux clients, augmenter le taux de transformation, réduire les frais de retour, réduire également les coûts de gestion des stocks, voilà quelques-unes des raisons qui expliquent pourquoi la réalité augmentée est l’une des 10 tendances du retail en 2018 (Etude Ayden). Il lui reste cependant encore à lever quelques freins. Par exemple pouvoir se passer du téléchargement d’une app mobile pour accéder aux fonctionnalités.

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