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11/19/2010

C'est un scoop, les blogs sont ringards

Author: Manuel Diaz

Le problème avec les chiffres, c’est moins ce qu’ils révèlent que ce qu’on veut leur faire dire. Après l’IPSOS la semaine dernière, c’est sur les réactions au baromètre sur les français et les réseaux sociaux d’OpenMind et ScanBlog que je veux revenir, plus particulièrement sur celle qui consiste à y voir la fin définitive des blogs. La fin de quoi, en fait ?

Les faits

Ce que dit ce baromètre, et qui est cohérent avec un tas d’autres enquêtes, c’est que quand on interroge les français sur ce qu’ils consultent et ce qui compte pour eux, le web est incontournable, les réseaux sociaux centraux et qu’ils affichent un désintérêt pour les blogs.
Sur cette base, on vient nous dire que ces derniers sont en déclin, ou ringards, que les français ne leurs prêtent plus d’intérêt. Un bon gros message qui vient dire que les blogueurs sont des influenceurs en perte de vitesse. Les intéressés et les agences qui s’en servent apprécieront.

La lecture des faits

La vraie question, c’est ce qu’appelle “blog” ce baromètre. Il semble clair qu’il parle de ce fameux format qui fut au sommet entre 2004 et 2007. Depuis, on n’a cessé d’enterrer les blogs et je veux bien confirmer ici que ce que l’on appelait ainsi il y a une décennie à l’échelle du web est passé. Ce qu’on a voulu me présenter comme une information relève de l’exhumation.

Ou est l’imposture ?

Comme en toute chose dorénavant, il ne faut pas regarder les choses de manière figées et surtout pas en raisonnant en format, comme au temps des médias de masse. Les blogs, on s’en fout, ce sont ce que l’on a appelé un moment les blogueurs qu’il faut regarder. L’idiot regarde l’outil, il faut regarder la main et surtout celui qui s’en sert.
Que nous dis cette enquête alors ? Que ce qu’on appelait des blogueurs il y a 5 ans et plus sont des créateurs et producteurs de contenus et qu’ils sont toujours bien là, mais agissent par d’autres moyens, qu’ils ont gagné en influence et en attention du public.
En outre, je ne connais pas de créateur qui soit enfermé dans un format. Il a un support, souvent un bon vieux blog, il contribuent à des supports fédératifs ou participatifs, sinon à des médias, il agit massivement sur les réseaux sociaux, là où il a une interaction quasi temps réel avec son audience. Je crois donc qu’il faut s’intéresser moins aux formats et plus ceux qui s’en servent.

Bref, une bien belle étude, non dénuée d’intérêt, mais encore une fois concentrée sur les moyens. J’aimerai qu’on réfléchisse un peu plus à la fin et au sens qui fait se lever tous les matins nos concitoyens et leur faire passer autant de temps et d’énergie à créer et interagir. Du genre de ce que nous sert le PEW ou dans un autre genre la série Wave de Mc Cann. A bon entendeur …

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