09/26/2005

Des élus sensibles à l'impact du net en politique

Author: amo@emakina.fr

J’ai donc animé ce lundi après-midi un séminaire de formation des élus UMP du Conseil Régional d’Ile-de-France.
D’entrée de jeu, M. Karoutchi, Président de groupe a souligné que l’affirmation des TIC dans le monde politique et plus largement dans le débat public imposait un éclairage de ce type. La salle était pleine, signe d’une forte attente sur le sujet.


On m’avait précisé attendre un discours “percutant”. Je ne m’en suis pas privé, en appuyant notamment sur trois points précis :
– la massification des usages. Les anniversaires 1995-2005 sont une bonne matière pour cela.
– le développement rapide des dynamiques interactives couplant expression de soi, partage en ligne et échanges.
– la confrontation des logiques médiatiques traditionnelles avec l’émergence du réseau autour de l’étude de cas du dernier référendum.
Le tout était bien entendu placé sous l’angle de la communication politique et de la relation au citoyen, avec un propos condensé (1h). J’aurai pu être tenté de pousser le bouchon autour des phénomènes d’information virale et autres théories de la propagation, mais c’était bien suffisant (…)
Je pense qu’il n’était pas vain d’appuyer à gros trait sur les phénomènes de masse. Vu de la place du marché, on ne se rend pas bien compte qu’une bonne moitié de ses électeurs a des usages avancés sur le net. Le passage sur la génération interactive et ce qu’elle augure, couplé à quelques chiffres sur les blogs ont fini d’ouvrir les yeux sur la réalité.
J’ai rapidement constaté que ces élus sentaient bien monter une attente d’interactivité sur le terrain et plus largement que les vieilles recettes étaient bonne pour le placard. Ma démonstration sur le 29 mai a confirmé et donné de la matière à une perception établie.
Ces constat partagés, les élus s’avèrent d’une part déstabilisés par ce qui se présente à eux et d’autre part conscients de la nécessité de bouger. Le phénomène des blogs en politique est à ce titre le cas d’étude.
Personne ne met en doute la pertinence de l’outil et la nécessité de sortir des sites de pure communication pour aller vers une relation ouverte et directe avec l’électeur. Certes, certains préfèrent voir cela comme une mode, mais cette hypothèse ne soutient à leur yeux que la croyance d’un sursis à l’inéluctable intégration de la société de l’information au coeur de la sphère politique. La majorité se pose surtout la question de la manière d’aborder la question. Le temps nécessaire pour écrire et suivre un site réellement interactif, ouvert sur le citoyen est leur problème principal. Ils ont bien noté que l’utilisation de “nègres” ne donnait pas de bons résultats, voire créait un effet de notoriété négative.
Voilà donc un auditoire préoccupé d’organisation et de mises en pratiques pertinentes plutôt que de technologie. C’est assez rare pour être souligné. Ces gens-là abordent le problème par le bon bout.
Prochaine prise de température : le 27 octobre avec un séminaire Blogs et politique au Sénat.
PS : si des élus de tout bord souhaitent bénéficier de ce type d’intervention, nous en serons ravi et honoré.

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