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09/10/2009

La vérité sur Twitter

Author: amo@emakina.fr

Or donc, Twitter n’est pas un réseau social. Ce n’est pas moi qui radote, c’est la sociologue et ethnographe Liz Pullen, qui a étudié le comportement des twitterers. Elle vient juste dire qu’il faut croire ce que le fondateur de Twitter lui-même avait dis : Twitter n’est pas un réseau social, mais un réseau de communication qui tisse des relations sociales.
Sur Twitter, on s’exprime surtout unilatéralement, à la face du monde. Le dialogue n’est qu’apparent. Twitter est avant tout un mégaphone. Ce qui serait bien maintenant que cette vérité est réaffirmée, c’est qu’on la considère avec sérieux, pour éviter, par exemple, de comparer ce qui n’a pas à l’être. Au hasard Facebook et Twitter.

Il faut lire et écouter Liz Pullen, ça redonne du sens au phénomène et à ce qui le nourrit. Ce qu’on y voit, c’est que Twitter ne fait rien, que ce sont ceux qui s’en servent qui font le boulot. Ce sont eux qui construisent toutes ces applications qui fabriquent du service. ce sont eux qui donnent du sens.

On s’est un peu perdu ces derniers temps à propos de Twitter et des jeunes.
Il faut laisser à ceux que ça intéresse les parts de marché et courbes de croissance. On y raisonne en vision monopolistique, à la Facebook OU Twitter, comparant l’incomparable et ignorant le fait que les gens ne cherchent pas un machin unique qui fasse tout. Twitter, combien de divisions ? la guerre froide c’était au siècle dernier les gars. Si vous voulez faire des analyses de marché, regardons ensemble celui de la part d’attention prise par Twitter vs la TV ou Facebook sur une cible donnée. Là ce serait intéressant. Si seulement 4% des français s’en servent, 28% connaissent la marque. Et si les politique ne savent pas s’en servir, cela ne veut pas pour autant dire que ça ne sert à rien.

Les jeunes ne sont pas vraiment sur Twitter ? et pourquoi pas ?

Ce que dit Liz Pullen, c’est qu’investir Twitter n’est pas du tout évident. C’est juste 140 caractères, mais c’est finalement très compliqué. Il est facile de suivre. Mais dès qu’il s’agit d’être actif, cela demande une réflexion importante alliant des buts et ce qui s’apparenterait à une stratégie et une tactique. Se positionner est important car sur Twitter, tout le monde est au même niveau et se différentie surtout par la constance à entretenir son personnage. Twitter n’est pas un réseau social où la structuration du profil et la mise en partage de contenus structure et historicise les choses. Sur Twitter, avoir une lecture d’un utilisateur ne va pas de soi. Elle ne se constitue que par un suivi régulier. Twitter demande des choix clairs et durables, de la discipline. Oui, les twitterrers sont des besogneux et méritent le respect.

Alors, Twitter trop compliqué pour les jeunes ? trop exigeant en terme de structuration de la démarche ? pourquoi ne pas le penser ?
Après tout ce n’est pas vraiment un problème. En 2006, Orange Labs avait montré comment les lycéens “changeaient de peau” après le BAC. Ils délaissaient les skyblogs pour des outils sociaux plus “adultes”. Ils changeaient de personnage.
Il n’y a aucune fatalité à ne pas être adapté aux jeunes quand on trouve sa légitimité à un certain stade de maturité. Certes, je dirai aussi que Facebook réussis à être présent de 13 à 77 ans. C’est là qu’il marque un point, à avoir réussi à pendre la position de la facette numérique pivot de toutes les autres. Il ne lui manque plus que le contrôle parental pour servir de bac à sable à l’apprentissage socio-numérique des ados. L’école n’est pas prête.

Et si Twitter sans les jeunes trouvait un sens plus mature, peut être même plus business ? cela expliquerai certains succès commerciaux, comme ceux de Dell, par exemple. Où le fait qu’il motorise très bien le suivi d’une audience qualifiée et monétisable par ailleurs…

Twitter n’est pas un réseau social. Mais qu’est-ce que c’est, alors ?

Le Monde a récemment consacré à l’objet une série de 5 articles éclairants. Cela commence par ce que l’on connaît le mieux, à savoir Twitter comme une canal branché en direct sur l’information brûlante. La chose capable de suivre pratiquement en direct et presque de l’intérieur les attentats de Bombay. Mais Twitter, ça permet aussi d’être branché sur gorille des montagnes, d’être personnellement informé que le chat vient de rentrer ou qu’il faut arroser les bégonias.

La vérité sur Twitter, c’est que c’est juste un outil qui permet de fabriquer un flux temps réel, de s’y connecter et d’interagir avec lui. À vous de le remplir du (des) sens que vous avez envie qu’il motorise. À vous de l’exploiter avec des buts et une stratégie. Les deux ne sont pas fournis dans la boîte. C’est à vous e les inventer.

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