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08/26/2005

Le client est un écosystème avide d'innovation

Author: amo@emakina.fr

Jean-Luc a raison de relever le billet d’Hubert Guillaud sur la notion d’écosystème et la manière dont Google s’en sert.
Ce qui est déjà sûr, c’est que cette rentrée est marquée par la double empreinte de Google, mais surtout des réflexions et débat sur les modèles de développement et d’innovation.


Certains parleront sans doute de logiciel libre ou encore de Wikipedia, mais pour ma part, j’ai bien envie de mettre en exergue le billet de Jeff Jarvis Who wants to own content, également salué pour son à-propos à souligner dans ce cas que le contenu a de moins en moins de valeur en lui-même et que celle-ci se trouve dorénavant dans sa circulation et ce qui en découle. Là aussi, ce sont les utilisateurs qui font que ça marche ou pas.
On devrait déjà réfléchir au fait, que de l’agriculture aux services, l’économie est de moins en moins affaire de biens ayant une valeur en eux-mêmes. Aujourd’hui, ce qui a de la valeur, c’est ce qui a la côte, ce qui génère attention et satisfaction.
Mais cela ne suffit pas. L’économie de la connaissance ne fonctionne pas si l’utilisateur n’est pas au centre, s’il n’a pas le pouvoir et s’il n’a pas faculté à s’approprier les choses, à en dégager de la valeur d’usage et à le faire savoir sur le réseau. D’une certaine, l’entreprise doit faire preuve d’humilité et laisser le devant de la scène à ses utilisateurs et clients. Le dépouillement des produits de Google n’est sans doute pas étranger avec cette idée.
Ce dont on parle, c’est en fait tout simplement de l’innovation. Vous serez séduit par un nouveau produit numérique parce qu’il vous permet de gagner du temps, de l’efficacité, de vous détacher de contraintes d’espace ou de temps, de créer et innover à votre niveau, et surtout de partager cette joie avec les autres.
L’iPod, par exemple, c’est ça. Le produit n’est pas une innovation en lui-même, ce sont ses possibilités d’usage qui ont séduit des utilisateurs près à en saisir les possibilités pour vivre la musique autrement et ensemble. Google fait pareil. Il ne préjuge pas de ce que les uns ou les autres nous allons faire avec ses produits, il les laisse ouvert à notre intelligence, à notre créativité, à notre faculté d’en parler et à générer de l’émulation entre nous.
On a déjà vu avec Google Maps des tas d’applications plus intéressantes les unes que les autres. Avec Google Talk, on assiste à l’effervescence d’un monde de gamins tous excités par le nouveau jouet qui leur est proposé et aux promesses de plaisir d’innovation personnelle qu’il va produire, en écho à celles déjà produites par les livraisons précédentes. Google, et aussi Apple dans un autre genre, doivent entretenir la conviction qu’ils sont et seront d’intarissables sources d’innovation au profit de leur communauté de clients.
Ce qui a changé avec le réseau, c’est que les clients ne sont plus des individus isolés qui ne peuvent pas échanger et s’organiser entre eux efficacement. C’est ce changement que Jeff Jarvis (encore lui) a mis en avant récemment et dont je vais parler dans mon prochain billet. Le client devient un peu plus chaque jour une force collective.
Comme quelques uns, Google a bien compris que les postures hégémoniques n’avaient plus de sens et que ce sont les utilisateurs qui font le succès et le transforment en valeur. Le succès provient dorénavant du terrain de jeu et des jouets dont l’utilisation n’est pas prédéterminée et que l’on peut bidouiller. Il ne faut pas essayer de vouloir capter la valeur d’usage des choses, à l’heure de la société de l’information, il est bien plus profitable de libérer les produits.
Nous ne vendons plus des produits, nous vendons de l’innovation ouverte et de la liberté qui n’existe que parce que les conditions de développement lui sont favorables.

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