04/29/2005

Sin City !

Author: amo@emakina.fr

SinCity.gifDéjà sorti aux US, bientôt en salles chez nous et en compétition à Cannes : Sin City
Après les pudibonderies vues ces dernières années en terme de transposition de BD US à l’écran, voilà enfin une oeuvre majeure et bien noire. Un événement attendu comme il se doit.


Adolescent, j’ai consommé à haute dose du comics US, du vrai, pas les fadasses transpositions françaises censurées (véridique ndr), et ce jusqu’à ce que je considère être l’apogée du genre avec les oeuvres de Franck Miller et Alan Moore au début des 90′.
Jusqu’à il y a quelques années, les adaptations cinématographiques de la BD US étaient rares et désastreuses. Le Batman de Tim Burton est à peu près tout ce que l’on peut sauver. Mais depuis que Marvel, considérant les avancées en matière d’effets spéciaux, s’est enfin décider à valoriser son immense catalogue, le défilé des adaptations est très soutenu. Cela nous a surtout valu quelques navets et des réalisations tout juste plaisantes, en tous les cas trop marquées sur la plastique et les effets au détriment de l’esprit (Ainsi X-Men I et II, Daredevil, Hulk par exemple). Je ne retiens pour ma part que deux perles avec Spiderman I et surtout II. La suite arrive avec un autre hyper-classique évident de la BD US, fantastic-fours et un nouveau Batman qui ne m’inspire pas grand chose.
Il est assez amusant que ce soit le plus grand des super-héros de l’univers comics qui aie donné lieu aux meilleurs adaptations, mais aussi intéressant d’observer que deux grands personnages mythiques de l’univers comics ne sont pas traités, Captain America d’une part (trop 50′ et un peu trop impérialiste sans doute) et le légendaire Silver Surfer (carrément décalé).
Malgré tout le respect devant des personnages fondateurs de la BD et quelque part intégrés dans une certaine idée de l’Amérique, tout cela reste du menu fretin. Avec Sin City, on passe à autre chose.
sincitybd.gifPour tout dire, cela m’a sérieusement interpellé en découvrant l’existence de ce film, porté par une distribution de folie (Bruce Willis, Benicio Dell Toro, Mickey Rourke, etc.). On sent rien qu’au casting que d’être présent dans cet univers culte était une occasion qui ne se rate pas pour un paquet d’acteurs.
Bref, j’ai sorti de la bibliothèque perso le Sin City I (version originale svp) pour me confirmer que c’est bien conforme au souvenir que j’en avais d’une oeuvre au noir dans ce qu’il y a de plus noir, avec de l’Ultra-violence avec un grand U et cette vision morbide, corrompue et crasseuse de la société moderne qui caractérise l’oeuvre de Miller. Plutôt casse-gueule comme projet.
Miller avait refusé plusieurs propositions et en fin de compte, ce n’est pas un film de Robert Rodriguez, mais bien un film de Franck Miller himself, avec un coup de main de Tarantino. D’ailleurs, le film s’appelle bien Franck Miller’s Sin City.
CQFD, seul Franck Miller était assez dingue pour tenter de transposer un tel engin et cela devient carrément excitant. L’univers de Miller porté à l’écran par lui-même, ce devrait être autre-chose que Ben Affleck dans Daredevil !
Déjà, le trailer donne le ton, en montrant un traitement déroutant à mi chemin de l’animation et du cinéma. Accessoirement, reconnaître, trahi par ses fameuses lunettes, le cauchemardesque Kevin de Sin City I (joué par Eljah Wood ???), m’a laissé l’impression que ça devrait être pire que dans la BD, où c’est déjà pourtant dantesque (!) Le film reprend en effet les volumes 1 (“Sin City”) mais aussi 3 (“The big fat kill) et surtout 4 (The Yellow Bastard) en trois épisodes.
Si vous n’avez jamais lu Sin City et si Franck Miller a réussi son coup, soyez dans de bonnes dispositions mentales et attendez-vous au choc. Les couvertures ci-contres sont une petite mise en bouche…
watch.gifAvec ce film, j’attends maintenant sérieusement que quelqu’un soit assez fou pour transposer les deux oeuvres que je considère personnellement comme le point final d’un demi-siècle d’aventures de super-héros de l’univers BD US :
– le Batman de Dark Nights de Miller
The Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons, ce dernier représentant pour moi ce qu’est Impitoyable d’Eastwood au Western : l’oeuvre qui sanctionne un genre. Terry Gillian voulait tenter l’aventure mais cela ne s’est pas fait.
En attendant, on va voir si Sin City arrive à donner corps à ce type d’univers. Le film cartonne aux US, mais j’attends de voir.

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